Menu

Nomination du gouvernement définitif

Nomination du gouvernement définitif

Reuters - 17/06/2002 - France : Liste du gouvernement Raffarin


Voici la liste du nouveau gouvernement nommé lundi par Jacques Chirac sur proposition du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin:

- Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales: Nicolas Sarkozy

- Ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité: François Fillon

- Garde des Sceaux, ministre de la Justice: Dominique Perben

- Ministre des Affaires étrangères: Dominique de Villepin

- Ministre de la Défense: Michèle Alliot-Marie

- Ministre de la Jeunesse, de l'Education nationale et de la Recherche: Luc Ferry

- Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie: Francis Mer

- Ministre de l'Equipement, des Transports, du Logement, du Tourisme et de la Mer: Gilles de Robien

- Ministre de l'Ecologie et du Développement durable: Roselyne Bachelot-Narquin

- Ministre de la Santé, de la Famille et des Personnes handicapées: Jean-Francois Mattei

- Ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales: Hervé Gaymard

- Ministre de la Culture et de la Communication: Jean-Jacques Aillagon

- Ministre de la Fonction publique, de la réforme de l'Etat et de l'Aménagement du territoire: Jean-Paul Delevoye

- Ministre de l'Outre-Mer: Brigitte Girardin

- Ministre des Sports: Jean-François Lamour

- Ministre délégué au Budget et à la réforme budgétaire: Alain Lambert

- Ministre déléguée à l'Industrie: Nicole Fontaine

- Ministre délégué aux Libertés locales: Patrick Devedjian

- Ministre délégué aux Affaires européennes: Noëlle Lenoir

- Ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie: Pierre-André Wiltzer

- Ministre délégué à l'Enseignement scolaire: Xavier Darcos

- Ministre déléguée à la Recherche et aux nouvelles technologies: Claudie Haigneré

- Ministre délégué au Commerce extérieur: François Loos

- Ministre délégué à la Ville et à la rénovation urbaine: Jean-Louis Borloo

- Ministre délégué à la famille: Christian Jacob

- Ministre déléguée à la Parité et à l'égalité professionnelle: Nicole Ameline

- Secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement: Jean-François Copé

- Secrétaire d'Etat au Développement durable: Tokia Saïfi

- Secrétaire d'Etat à la Lutte contre la précarité et l'exclusion: Dominique Versini

- Secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées: Marie-Thérèse Boisseau

- Secrétaire d'Etat aux Petites et Moyennes entreprises, au Commerce, à l'Artisanat, aux Professions libérales et à la Consommation: Renaud Dutreil

- Secrétaire d'Etat aux Transports et à la Mer: Dominique Bussereau

- Secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat: Henri Plagnol

- Secrétaire d'Etat au Tourisme: Léon Bertrand

- Secrétaire d'Etat aux Anciens combattants: Hamlaoui Mekachera

- Secrétaire d'Etat aux Personnes âgées: Hubert Falco

- Secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la justice:

Pierre Bédier

- Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères: Renaud Muselier


Le Figaro - 20/06/2002 - Chirac fixe au gouvernement une obligation de résultat - Par Guillaume TABARD

Le chef de l'Etat a réuni, hier à l'Elysée, le premier Conseil des ministres du second gouvernement de Jean-Pierre Raffarin

« La volonté nationale s'est exprimée et nous oblige tous », a dit hier Jacques Chirac, qui voit dans le résultat des législatives « un contrat d'engagement et d'action entre les Français et leurs représentants ». Selon le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, qui rendait compte de l'intervention du chef de l'Etat en préambule du Conseil des ministres, Jacques Chirac a souligné « le contraste entre l'attente très forte des Français et le rythme très lent de l'Etat et a demandé au gouvernement de s'extraire des pesanteurs qui ne manqueront pas de vouloir freiner ou infléchir le cours de l'action ».

Renaud Dutreil est sorti le premier, suivi du nouveau secrétaire d'État aux Anciens Combattants, Hamlaoui Mekachera, et d'un autre petit nouveau, Renaud Muselier, les mains dans les poches. A 11 h 40, le président de la République, le premier ministre et les 38 membres de « Raffarin II » sont en place sur les marches de l'Élysée, côté jardin, pour la traditionnelle photo. Les quelques gouttes de pluie qui avaient baptisé « Raffarin I » le 10 mai donnaient grise mine aux nouveaux ministres. Cette fois, le soleil les gratifie d'une discrète apparition, faisant ressortir les tailleurs rose dragée de Roselyne Bachelot, jaune moutarde de Marie-Thérèse Boisseau, vert pomme de Nicole Fontaine, bleu ciel de Nicole Ameline ou ocre sable de Tokia Saïfi.

Côté cour, caméras et micros guettent les bizuths du gouvernement. Mais quelques minutes avant, en leur souhaitant la bienvenue, Jacques Chirac avait fait un éloge de la « discrétion » qui avait valeur d'avertissement. Pierre-André Wiltzer, nouveau ministre de la Coopération, glisse simplement qu'il « racontera tout ça dans ses Mémoires ». Henri Plagnol, familier des médias, se fait sobre dans son nouveau costume de secrétaire d'État à la Réforme de l'État: « Le président a eu une pensée pour les nouveaux. Nous y avons bien entendu été très sensibles. » D'un naturel réservé, Hubert Falco, en charge des Personnes âgées, se dit « très ému » et « très impressionné ». Habitué au franc parler, Renaud Muselier, secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères, découvre la langue de bois pour louer « une équipe très motivée, très performante et très consciente des enjeux ».

Déjà très attendue, Noëlle Lenoir, le nouveau ministre des Affaires européennes, s'est fait encore plus attendre, retenue qu'elle était par une réunion préparatoire au sommet européen qui s'ouvre demain à Séville. L'étoile de ce premier Conseil des ministres du gouvernement « Raffarin II » fut donc Claudie Haigneré, nouveau ministre de la Recherche et des Nouvelles Technologies, cernée par les caméras de télévision. Elle aussi est pourtant restée sobre dans le commentaire: « Je découvre beaucoup de choses intéressantes. Il y a beaucoup de choses à prendre en compte, beaucoup d'informations. »

Le Conseil des ministres proprement dit a duré une heure et demie. Les premiers projets de loi de l'équipe Raffarin furent pour l'outre-mer (adaptation du droit en matière de transport, conditions d'entrée et de séjour en Nouvelle-Calédonie...). Nicolas Sarkozy a lu une communication sur le résultat des élections législatives et Luc Ferry une autre sur la lutte contre l'illettrisme.

Mais ce sont, bien sûr, les dix premières minutes qui ont surtout retenu l'attention des 38 ministres et secrétaires d'État. Dix minutes au cours desquelles le président de la République leur a fixé leur feuille de route après leur avoir donné l'assurance qu'ils participeront tous, secrétaires d'État compris, à l'ensemble des Conseils des ministres.

« La volonté nationale s'est exprimée et nous oblige tous », a commencé Jacques Chirac qui voit dans le résultat des législatives « un contrat d'engagement et d'action entre les Français et leurs représentants ». Le vainqueur de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle ne veut pas oublier les leçons du premier tour. « Le sentiment de ne pas avoir été entendu est une des explications de la montée des extrémismes. Vous devez faire en sorte que chaque Français se sente entendu, respecté et pris en compte. »

Surtout, « les Français attendent des résultats », a insisté le chef de l'État, comme l'avait fait à l'unisson le premier ministre durant toute la campagne. Depuis six semaines, Jean-Pierre Raffarin répète à chacune de ses interventions la liste des dossiers pour lesquels « le temps de l'action est venu ». Si les ministres les avaient oubliés, Jacques Chirac les a énumérés à nouveau: le rétablissement de la sécurité et de l'autorité de l'État, l'égalité des chances, la compétitivité économique de la France, la « nécessaire réduction des charges fiscales, sociales et administratives », sans oublier la solidarité, un thème qui lui a permis de donner un ultime coup de griffe à son ancien premier ministre aujourd'hui retiré de la vie politique: « Il n'est pas normal que cinq années de croissance n'aient pas permis de faire reculer la pauvreté dans notre pays. »

Retrouvant les accents de sa campagne de 1995, Jacques Chirac s'est ensuite livré à une leçon de volontarisme. Constatant « un contraste entre les attentes des Français et le rythme lent de l'État », il a demandé à ses ministres de « s'extraire des pesanteurs qui ne manqueront pas de freiner ou d'infléchir le cours de leur action ». Et de conclure son intervention par un double appel « à l'efficacité et au dialogue ». Ce qui suppose, entre autres, « le respect de l'opposition ».

C'est au nom de ce dialogue qu'il demande au premier ministre d'engager sa responsabilité chaque année devant le Parlement. Un Parlement qui, autre confirmation, se réunira en session extraordinaire en juillet pour examiner les quatre textes déjà annoncés par Jean-Pierre Raffarin (lois-programmes sur la sécurité et la justice, loi d'amnistie et le collectif budgétaire prévoyant la baisse des impôts), mais aussi le plan de baisse de charges pour l'embauche de jeunes peu qualifiés.




Aucun commentaire: